Depuis 20 ans sont apparus de très nombreux traitements de la sclérose en plaques. Cette diversité permet de s’adapter rapidement au profil évolutif de la maladie. Plus important que le traitement c’est le protocole qui va être décidé avec le patient qui est important.


Une fois le diagnostic posé, le patient doit comprendre qu’il va être traité non pour ce qu’il est, mais pour ce qu’il risque d’être : en effet, aucun traitement actuel ne fera régresser des signes séquellaires.

Il faut ainsi analyser le dossier du patient et juger du risque évolutif, si celui-ci est notable, un traitement doit être instauré même si le patient n’a aucun trouble. Attendre des signes séquellaires permanents pour traiter est une perte de chance inadmissible sachant qu’avec l’âge les séquelles vont souvent s’aggraver.


Assez arbitrairement les traitements ont été classés en première, deuxième et troisième ligne. Les plus anciens sont les Interférons et le Glatiramère. Le risque thérapeutique est faible, la tolérance le plus souvent très correcte, mais ils sont injectables. Plus récent le Diméthylfumarate a l’avantage d’être per os et plus souvent efficace. Cette gamme est celle des immunomodulateurs. En première ligne il existe aussi un immunosuppresseur le Teriflunomide. En cas de poussée, d’aggravation de l’IRM ou de la clinique, un passage en deuxième ligne doit être fait le plus rapidement possible avec un immunosuppresseur comme le Fingolimod per os. Encore plus efficace, mais avec un risque thérapeutique le Natalizumab. Son risque est l’apparition d’une LEMP (leucoencéphalite multifocale progressive), mais la surveillance permet de contrôler le risque. A noter que ce risque peut aussi survenir avec les autres traitements, mais heureusement exceptionnellement.

Cette gamme a encore été enrichie par l’emploi de l’Ocrelizumab initialement donné pour les formes primaires progressives débutantes avec inflammation, mais qui a vu son autorisation supprimée dans cette indication. Comme  il est  efficace pour les formes rémittentes et qu’en début de maladie trancher entre primaire progressive ou rémittente n’étant pas toujours facile, son utilisation dans ces cas est intéressante.

La chimiothérapie avec la Mitoxantrone reste utile pour les formes très inflammatoires de cette pathologie.

La vitamine D : il a été démontré que le risque de poussée ou d’apparition de la SEP était corrélé avec le taux de vitamine D. La preuve de l’efficacité d’un traitement substitutif n’est pas très solide, mais l’ajout de vitamine D doit être systématique.

De très nombreuses molécules sont à l’étude, les patients attendent toujours la nouveauté, mais la gamme actuelle des traitements pour les formes RR est importante et va permettre la prise en charge de presque tous les cas. Mais ne jamais oublier qu’il faut traiter vite, changer très rapidement si besoin et ne jamais laisser s’installer un déficit.

Deux mots sur le traitement des poussées : elles relèvent toujours de la cortisone, le plus souvent en perfusion intraveineuse 3 ou 5 jours. Actuellement de fortes doses per os peuvent être employées avec une tolérance correcte et une efficacité similaire. La Cortisone n’est pas un traitement préventif. Elle diminue la durée des troubles diminue le risque de séquelles, n’empêche pas l’installation de troubles.