Cette pathologie touche l’ensemble du système nerveux central,

c’est-à-dire le cerveau, la moelle et les nerfs optiques. Dès les premiers signes évoquant cette maladie, un interrogatoire soigneux retrouve une fois sur deux une atteinte antérieure passée inaperçue.  Le plus souvent, elle va débuter chez l’adulte jeune, touchant 3 fois plus les femmes que les hommes.

Parmi des signes les plus fréquents, il peut s’agir d’un déficit moteur central d’un ou plusieurs membres (il va s’accompagner le plus souvent de réflexes ostéotendineux trop vifs), de troubles de la sensibilité de tous les types (fourmillements, décharges électriques, dysesthésies),

Importance des troubles de la coordination, des troubles de l’équilibre. Il s’agit assez souvent d’un syndrome cérébelleux.

Trouble de la vision à type de baisse de l’acuité visuelle. Il s’agit de l’un des signes les plus fréquents avec une chute rapide de l’acuité visuelle d’un œil non compensé par un verre correcteur, non expliquée par une atteinte du globe oculaire et qui dans le cadre de la sclérose en plaques est presque toujours douloureux : il s’agit d’une névrite optique rétrobulbaire. Le bilan ophtalmologique peut montrer un œdème au fond d’œil, à distance d’une pâleur de la papille, une atteinte du champ visuel.

D’autres signes visuels sont d’origine centrale et dans ce contexte fortement évocateur d’une sclérose en plaques. Le nystagmus est un battement anormal de l’œil dans les regards latéraux ou verticaux. Très spécifique, l’ophtalmoplégie internucléaire est un trouble complexe de l’oculomotricité du regard associant un nystagmus d’un côté et une impossibilité de l’autre œil d’effectuer un regard  vers l’arrête nasale. Presque toutes les paralysies oculomotrices sont possibles. Ils s’installent le plus souvent rapidement en quelques heures ou quelques jours.

Les signes d’atteinte médullaire sont fréquents, pouvant donner des troubles urinaires ou des troubles de la marche. Cliniquement tous les tableaux médullaires sont possibles : déficit moteur des deux membres inférieurs, parfois des 4 membres si l’atteinte médullaire est haute. Les troubles sensitifs sont de tous types et le niveau corporel touché oriente vers le niveau médullaire. Il existe aussi des syndromes alternes pouvant donner des signes sensitifs d’un côté du corps et moteur de l’autre.

L’étude des réflexes ostéotendineux va  montrer dans les territoires atteints des réflexes vifs et dits polycinétiques (un seul coup de marteau à réflexes va entrainer plusieurs secousses musculaires), ils sont dits pyramidaux. Les réflexes cutanés abdominaux peuvent être diminués ou abolis. Enfin signe bien connu, le signe de Babinski qui est une élévation dite « lente et majestueuse » du gros orteil au frottement du bord externe du pied.

L’existence de signes neurologiques dispersés dans le temps et dans l’espace chez un adulte jeune est fortement évocatrice. Une nouvelle fois un symptôme en soi est un signe clinique et pas un diagnostic.

Il existe de nombreux signes « invisibles » mais perturbant la qualité de vie comme la fatigue, de petits troubles intellectuels, des troubles urinaires ou sexuels. Leur prise en charge est importante. Désormais nous suivons des patients dont le handicap apparent est faible et qui pourtant présentent ces signes invisibles. Pour eux dont certains neurones ont perdu la gaine protectrice de myéline, un effort physique ou intellectuel d’apparence simple et qu’ils font facilement va entrainer une dépense énergétique 10 fois supérieure à celle d’un individu sans SEP. Cette fatigabilité d’effort est peu comprise par l’entourage familial ou professionnel et même médical.


Avec traitement de poussée (Cortisone), les symptômes durent moins longtemps et avec moins de risque de séquelles. Mais la régression n’est le plus souvent jamais totale, laissant des séquelles mineures ou sévères. La répétition des poussées va entrainer parfois l’accumulation de signes déficitaires responsables du handicap. Grâce aux progrès dans la prise en charge,  il existe d’importantes possibilités pour diminuer le nombre de poussées, le nombre d’atteintes inflammatoires du système nerveux central et le handicap. Les renseignements ci-dessus sont valables pour les formes dites rémittentes régressives.