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Brèves novembre 2017

Formes progressives

Après des années ou sont apparus des traitements pour les formes à poussées et récentes de la maladie Il existe un intérêt pour la prise en charge des formes progressives. Désormais des traitements peuvent améliorer la santé des patients.

il a été annoncé en 2016 un effet positif du siponimod, un nouvel antagoniste des récepteurs sphingosine 1 phosphate (S1P) sur les paramètres cliniques. Les données des critères secondaires IRM viennent d’être présentées et montrent, comme attendu, qu’il existe en plus de l’effet clinique des données concordantes sur l’imagerie. On constate ainsi une réduction des nouvelles lésions T2, des lésions prenant le gadolinium, et de l’atrophie cérébrale

Formes progressives et traitements antérieurs


Lors d’une forme progressive, il est important de connaitre le bénéfice d’un traitement antérieur donné pour forme à poussée ? Les données issues des essais thérapeutiques sont essentielles pour apporter la preuve d’efficacité des traitements de fond sur les poussées et la progression du handicap à court terme, mais elles sont limitées par des critères d’inclusions strictes et une durée de suivi brève à l’échelle de la SEP. Il a été démontré que le temps de passage à une forme secondairement progressive était significativement allongé chez les patients traités par immunomodulateurs, fingolimod, natalizumab comparé aux patients non traités. Mais, le temps de passage à une forme secondairement progressive était significativement allongée chez les patients traités par des traitements dits “très actifs” comparé aux immunomodulateurs injectables . L’effet bénéfique des traitements était supérieur si ceux-ci étaient débutés dans les 5 premières années Cette étude apporte donc, en vie réelle, des arguments forts pour traiter tôt et avec si besoin des traitements “très actifs”, pour prévenir ou retarder l’évolution vers une forme secondairement progressive.

La prédiction du risque d’évolution de la SEP vers un handicap irréversible, souvent lié au passage en forme secondairement progressive, est cruciale pour adapter précocément la stratégie thérapeutique.

Peux t on prédire un passage en forme progressive ?


Lors d’un suivi à 15 ans d’une cohorte de 178 patients avec un syndrome cliniquement isolé (SCI), l’objectif était de déterminer quels sont les marqueurs IRM prédictifs de l’évolution vers une forme secondairement progressive.
Sur les 166 patients ayant eu un suivi complet clinique et IRM pendant 15 ans, 25 patients (15 % environ) ont eu une évolution secondairement progressive, ce qui est plus bas que dans d’autres cohortes historiques. Concernant les autres formes évolutives, 94 patients étaient à 15 ans de suivi en forme rémittente, tandis que 45 patients étaient toujours au stade SCI. Donc environ 25% des patients ayant fait un SCI n’ont évolué ni vers une forme à poussée, ni vers une forme progressive.


Les patients ayant évolué vers une forme secondairement progressive avaient une atrophie cérébrale et médullaire plus sévère au cours des 3 premières années par rapport aux autres patients. L’apparition de lésions encéphaliques lors de la première année après le SCI augmente le risque d’évolution vers une forme secondairement progressive mais ce sont surtout
les lésions médullaires et infratentorielles qui sont fortement prédictives de ce risque . Cumuler lors de la première année au moins 2 lésions rehaussées par le gadolinium, une nouvelle lésion médullaire et une nouvelle lésion infratentorielle permet d’estimer à 85 % le risque d’être en forme secondairement progressive 15 ans après le premier symptôme !

Ponction lombaire elle revient dans les critères diagnostiques de SEP 2017. En effet, la présence de bandes oligoclonales (BOC) permet maintenant le diagnostic de SEP dès le premier événement clinique, en cas de dissémination dans l’espace mais pas dans le temps sur l’IRM. L’impact des bandes oligoclonales initiales sur le risque à 3 ans de conversion vers une SEP, définie selon les critères 2010, a été étudié. La présence de BOC augmente significativement le risque de conversion à 3 ans. L’association d’une dissémination dans l’espace sur l’IRM initiale et de BOC constitue au final un critère spécifique de SEP . Les BOC remplacent la dissémination dans le temps. Le diagnostic peut donc être plus précoce, sans attendre un autre évènement clinique ou une évolutivité de l’IRM.